CHRONIQUE

100% PASSIONNÉE

Par Marylin Soucy

Le piégeage :

une saison tant attendue!

La saison de piégeage est officiellement ouverte! Enfin ! Comme tous les passionnés de piégeage, je ne cesse jamais vraiment de penser à la saison à venir. Aussitôt qu’il commence à faire froid, là c’est vrai que je ne me contiens plus. Tout au long de l’été, j’entame ma préparation car il y a des étapes qui sont plus longues que d’autres, mais c’est au début septembre, que je débute mes préparatifs finaux afin d’être prête à temps. Il est important en tant que trappeur consciencieux de vérifier nos instruments, pièges, collets, broches, etc., afin que tout soit en bon état de fonctionnement. La suite dépend des efforts et du travail qui sera fait par chacun.

L'équipement

Comme mentionné ci-dessus, il est très important d’avoir du matériel adéquat et en bon état. Ce serait dommage de vous rendre compte la veille d’une installation que l’un de vos pièges est défectueux ou qu’il ne vous reste plus de broche pour installer vos collets. J’utilise moi-même beaucoup de broche pour les collets à coyote. Certains trappeurs utilisent de la broche no9, moi je la trouve dure à travailler et je préfère la no11 qui est amplement suffisante pour le coyote. Chaque trappeur possède sa manière de faire, il y en a qui préfèrent les laisser en forêt à l’année et les changer au besoin et d’autres comme moi qui les ramassent presque toutes. Je vais retirer en fin de saison environ 90% des broches que j’installe à chaque année. J’ai par le passé perdu un coyote suite a une broche qui avait été installée la saison d’avant, elle avait rouillé un peu et avec la tension elle a cassé nette. J’ai constaté que la broche que je prends (no11) a plus de chance de se fragiliser si elle est laissée là à long terme. Maintenant, je les ramasse à la fin de la saison et je les range ensuite dans un bac de plastique avec des branches de sapin et des feuilles jusqu’à la saison suivante. C’est peu de temps à prendre pour m’assurer de ne pas reperdre une bête à cause d’une broche affaiblie. Je vais laisser en place seulement celles qui sont vraiment à l’abris des intempéries ou bien lorsque je veux me souvenir exactement d’une bonne «passe» que j’ai trouvée au cours de l’hiver.

L’auteure procédant à l’installation d’un collet pour le coyote sur un de ses territoires de piégeage.

Je peux ainsi utiliser les mêmes broches année après année et j’augmente la quantité au fur et à mesure. Ce n’est pas que c’est dispendieux, mais c’est tannant de courir après ça en début de saison. Pour tout ce qui est piège en X, je vérifie s’ils sont en état. Chaque année nous devrions les traiter. Ça permet de les conserver plus longtemps et de les protéger de la rouille. L’étape du traitement doit être faite plus tôt en saison car les produits utilisés dégagent des odeurs qui peuvent être dérangeantes et ça peut être long à sécher; il est donc préférable de les faire au cours de l’été.

Vos collets peuvent être teints au même moment que les pièges en X. Je n’aime pas teindre mes collets car je trappe majoritairement l’hiver; ils deviennent trop foncés et je trouve ça moins subtil. Je préfère les faire bouillir un peu au bicarbonate de soude et les laisser ensuite dans la pelouse quelques jours pour qu’ils ternissent et deviennent un peu plus foncés. Sinon bouilli avec du bouleau fonctionne bien aussi. Ensuite, j’utilise des boites en bois pour mettre le piège pour le raton, pékan, moufette etc. J’avais déjà expliqué l’installation d’un «pole set» pour le pékan, c’est sensiblement la même chose, mais je dépose le piège dans une boite ou chaudière au sol. Au contraire des broches, les boites que j’apporte en forêt vont y demeurer. C’est assez gros à trainer et retirer à toutes les fois et si ce n’est pas dérangeant pour le propriétaire je les laisse là (voir vidéo à la fin de la chronique).

Pour le pékan, l’auteure dépose le piège dans une chaudière ou une boite en bois au sol.

Les permissions

Même si je trappe aux mêmes endroits à chaque année, je prends quand même le temps de faire le tour de chaque propriétaire. Comme nous circulons sur leurs terres c’est la moindre des choses d’aller faire un petit check up de début de saison. Pour les nouveaux trappeurs, je vous conseillerais de voir auprès d’agriculteurs de votre région. Ils sont souvent bien contents des services que nous leur rendons et c’est avantageux pour les deux. Mon seul conseil est : soyez respectueux, gardez les terrains propres et ne brisez rien.  Vous garderez longtemps vos permissions comme ça.

Appâtage et température

Il y à certains endroits où j’attends la fermeture de la chasse aux chevreuils pour commencer ma saison de trappe, par respect pour les chasseurs. C’est dommage d’attirer inutilement du prédateur sur le terrain en temps de chasse, mais pour tous les autres endroits je commence début octobre. Comme je chasse aussi le chevreuil, je débute ma saison un peu plus tard que certains. Je préfère attendre des temps plus froids. Ça aide pour la conservation des prises et des fourrures. En début de saison, un peu de soleil qui plombe suffit à faire chauffer l’animal. Il faut donc visiter nos sites plus fréquemment aussi. Il y a définitivement plus de pertes en début de saison si nous ne sommes pas vigilants. Je trappe vraiment pour le plaisir et pour passer du temps en forêt. Donc même si je prends quelques coyotes de moins en commençant un peu plus tard et que je peux tous les conserver, les vendre ou qu’ils servent à quelque chose, c’est que du positif pour moi. Une bête qui a chauffé ce n’est jamais le «fun». Ça pue et ensuite on doit s’en débarrasser. Pour la déprédation c’est différent, car le but premier n’est pas le même,  mais en saison je tiens à ce que chaque prise soit utilisable.

La réglementation

Comme pour la chasse, il vous faudra connaitre votre réglementation. Dates, UGAF (Unités de Gestion des Animaux à Fourrure), engins autorisés pour la capture visée, captures accidentelles marche à suivre, animaux à déclarer etc. Il est de VOTRE devoir de connaître la réglementation et de pratiquer le piégeage de manière respectueuse.

Le plus important

Que vous soyez nouveau trappeur ou vétéran, l’important c’est d’éprouver du plaisir.

C’est une saison que j’attends avec la plus grande impatience et je ne suis pas la seule. J’aime apprendre et découvrir de nouvelles choses. J’adore réussir à déjouer un canidé avec une bonne installation, je trouve qu’il y a autant de défi qu’à la chasse. En plus c’est comme si c’était Noël à chaque tournée des pièges!

Avec l’avènement des médias sociaux, il y a plusieurs pages disponibles pour vous aider à apprendre ou à vous donner envie peut être de trapper dans le futur. Trappeuse du Québec est une page dédiée aux femmes qui trappent ou désirent éventuellement trapper. Donc pour les nouvelles, ça peut être un bon endroit à consulter ou vous informer auprès de la FTGQ (Fédération des Trappeurs Gestionnaires du Québec) pour savoir s’il y à une association régionale dans votre secteur. Vous pourrez ainsi parfois trouver un mentor si vous le désirez ou simplement partager des moments avec d’autres passionnés.

L’auteure explique comment elle confectionne et positionne ses boites pour le pékan en plus de montrer quelques exemples de bonnes passes pour le coyote.

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