UNE SEMAINE DE CHASSE EN NOVEMBRE
La saison de chasse ne dure que neuf jours au total dans l’une des zones où je chasse. Très jeune, j’ai rapidement compris que je ne pouvais pas me permettre d’erreurs. Oui, j’en fais, comme tout le monde, mais il est essentiel de minimiser ces erreurs pour ne pas éduquer les chevreuils. Dans cette chronique, je vais diviser ma semaine de chasse en trois phases. Je sais que certains ont des saisons plus longues; il suffit d’adapter cette approche à votre période de chasse.
Première phase : le premier week-end de chasse
Il est crucial de faire attention à vos odeurs, surtout si vous chassez à l’arc. Il n’est plus temps de prospecter à l’ouverture. Laissez vos secteurs tranquilles au moins une semaine avant la chasse. Le premier matin, je suis très conservateur pour ne pas déranger les chevreuils, en veillant à avoir le bon vent et un accès approprié. Mes déplacements doivent être planifiés pour éviter que mon odeur ne se dirige vers un dortoir ou un sentier fréquenté. Par exemple, je choisis des itinéraires où le vent souffle en direction d’une rivière ou d’un obstacle. Les précautions prises au début de la semaine porteront leurs fruits par la suite. Je vais surtout chasser en périphérie, un peu en retrait, à des endroits où je sais qu’il y a des chevreuils, sans nécessairement être au cœur de l’action. C’est le moment d’observer le niveau d’activité du rut, par exemple.
Deuxième phase : le milieu de la semaine
Cette période est souvent plus calme en forêt, avec moins de chasseurs sur le terrain. J’en profite pour chasser plus au cœur du territoire, alors que c’est le rut et que de nombreuses femelles entrent en œstrus. Les bucks deviennent moins méfiants, et certaines erreurs peuvent avoir moins de conséquences pendant ce «peak» d’activité. Une bonne stratégie consiste à chasser les transitions menant à un dortoir ou à une source de nourriture active. À ce stade, je deviens plus tolérant et prêt à prendre certains risques pour avoir une chance à l’arc. Par exemple, je n’hésite pas à m’enfoncer un peu plus dans la forêt à la recherche de nouveaux signes et les chasser immédiatement, même si les conditions ne sont pas idéales. Autrement dit, je me laisse davantage guider par mon instinct.
Troisième phase : les derniers jours
C’est là que je deviens plus agressif. Il ne reste que quelques jours de chasse, et certaines femelles sont encore en chaleur. À ce moment de la semaine, je chasse tout près des dortoirs, toujours positionné près de signes frais. Je suis prêt à chasser dans des endroits très éloignés, même si cela implique de déranger un chevreuil ou deux sur mon passage, car c’est ma dernière chance. Bien sûr, je fais toujours attention à couvrir mes odeurs autant que possible, mais je me permets de traverser ou de contourner certains bosquets que je n’oserais pas m’approcher en début de semaine.
En résumé, il est essentiel de ne pas éduquer vos chevreuils trop rapidement. Essayez de créer un environnement où ils se sentent en sécurité chez vous. La meilleure stratégie lors de la première phase est d’éviter les erreurs en vue des prochains jours. Par exemple, évitez de chasser une source de nourriture le matin, car des chevreuils pourraient déjà être présents à votre arrivée, ce qui risquerait de les éduquer. À l’inverse, je privilégierais d’arriver à votre site appâté en milieu de journée, lorsque les chevreuils sont encore dans leurs dortoirs. Si votre saison de chasse est plus longue, adaptez simplement ces conseils à votre situation. D’après plusieurs de mes observations, j’ai constaté qu’être très prudent en début de saison et un peu plus agressif à la fin peut porter ses fruits.
