Facteurs qui influencent ses mouvements
Tout au long d’une saison de chasse, il existe des variances importantes quant aux mouvements du chevreuil d’une journée à l’autre et souvent d’une période de la journée à l’autre. Je ne crois pas me tromper en disant que la plupart des chasseurs d’expérience ont aussi noté ce phénomène. Durant un automne de chasse qui est devenu de plus en plus long, plusieurs facteurs stimulent ou inhibent les mouvements du chevreuil en général, certains sont connus de presque tous, tandis que d’autres ne nous effleurent même pas l’esprit. Dans cet article, je vous les énumère et quand c’est possible je vous donnerai certains avis pour contrer leur effet et possiblement rendre votre journée de chasse plus productive.
Une liste exhaustive des différents facteurs influençant les mouvements des chevreuils pourrait ressembler à ceci: la sécurité, la prédation, les facteurs climatiques (vent, précipitation, température, pression barométrique, degré d’ennuagement), la disponibilité alimentaire, la distance de déplacement et la phase lunaire. Allons-y points par points.
FACTEURS INFLUENÇANT LES MOUVEMENTS
Sécurité:
Le besoin de sécurité force le chevreuil à toujours utiliser le maximum de couvert forestier possible. Si ce dernier n’est pas adéquat, il utilisera un drainage ou une dépression topographique pour se faufiler et atteindre son but. Plusieurs études montrent un accroissement important des mouvements de chevreuils de nuit qui coïncide avec le début de la perte des feuilles. C’est généralement à ce moment, qu’ils quittent les sentiers estivaux pour réaménager leurs routes de gagnage dans des couverts plus denses et souvent plus pourvus en conifères. N’oublions jamais que le chevreuil est une proie dans la chaîne écologique qui n’a que deux systèmes de défense, soit la fuite et la cachette, ce dernier système est d’ailleurs le premier à être sollicité. Si votre terrain de chasse ne comporte aucune zone densément couverte, vous diminuez considérablement vos chances de succès sur les plus vieux chevreuils expérimentés. Je chasse rarement en bordure d’un champ ou en forêt mature.
Les prédateurs:
Peu importe si la prédation vient des canidés, des ours ou des humains, le résultat final est souvent le même, spécifiquement sur les plus vieux bucks. Ces vieux mâles interprètent la pression de chasse exactement de la même manière qu’une meute de loups et n’hésitent pas une seconde à quitter le secteur ou les sentiers menant à une zone alimentaire si le moindre doute subsiste. En premier lieu, ils deviendront nocturnes à la moindre accumulation d’odeur humaine et finalement ils changeront leurs sites de couchage face à une pression trop grande des chasseurs. Ils ne reviendront diurnes qu’à des températures clémentes ou en milieu de semaine. Deux périodes qui riment avec peu de chasseurs en forêt.
Quant aux prédateurs naturels comme le coyote ou le loup, suite au passage de ces derniers, les vieux chevreuils auront normalement déplacé leurs quartiers généraux en hauteur ou en milieu plus dense comme les swamps et marécages, deux habitats plus difficilement chassables pour les canidés. Il serait donc de mise de chasser ces milieux humides si vous observez des signes vous laissant croire au passage d’une famille de canidés durant la nuit précédant votre journée de chasse. Pour ce qui a trait à l’ours noir, ce dernier créera un dérangement certain particulièrement dans les territoires où l’on pratique l’appâtage à outrance. Pour éviter ce problème, vous auriez avantage à diminuer la quantité de nourriture et de la distribuer sur plusieurs sites au lieu de la concentrer sur un seul et même secteur.
DANIEL HATIN
Lorsque les coyotes ou les loups envahissent votre territoire de chasse vous pourriez songer à chasser les secteurs humides et denses comme des «swamps» où les chevreuils risquent de se rassembler. Sur la photo, ce loup se dirige sournoisement vers ce buck qui n’a encore aucune connaissance de sa présence.
Disponibilité alimentaire:
Règle générale en automne, la nourriture à haute teneur en carbohydrate aura la faveur de nos chevreuils tous âges et sexes confondus. Que ce soit des glands de chênes, des faînes d’hêtres, des fruits sauvages ou domestiques comme les pommes, les champs de blé d’inde, de trèfles, de luzerne etc… Tous influencent les mouvements du chevreuil de manière direct et indirect. Cette nourriture sera puisée de nuit ou de jour selon la proximité du couvert et l’abondance de cette dernière. Règle générale, plus la nourriture est abondante et bien répartie, moins le chevreuil se déplacera et plus ses mouvements seront nocturnes. De plus, il choisira les garde-mangers les plus renfermés qui lui assurent une sécurité maximale.
Lorsque la source de nourriture se situe près d’un couvert forestier adéquat, les visites pourront se faire de jour. Ceci est particulièrement vrai pour les champs de maïs qui sont parfois occupés par les bêtes autant le jour que la nuit.
Certains types de nourriture seront également stimulateurs de mouvement comme une abondance de glands de chênes. En effet, plusieurs études parlent d’une augmentation de plus du double des distances de déplacements des chevreuils en forte année de production juste pour avoir accès à cette denrée élevée en lipide. De plus, les mêmes études parlent d’une utilisation plus diurne que d’autres types d’aliments. Les champs de maïs vont dans le même sens. En effet, il semble que certains chevreuils les adoptent et y demeurent à journée longue tant que l’agriculteur n’a pas fait sa récolte.
Par forte pression de chasse, les chevreuils éliminent les secteurs alimentaires les plus éloignés pour se concentrer sur les secteurs les plus renfermés. Dans ce sens, une partie importante de ma prospection automnale est dévolue à l’édification d’un inventaire des sources alimentaires disponibles et la distance de ces dernières en fonction du territoire que je dois chasser. Ainsi je sais si les pommiers sauvages de mon voisin peuvent influencer ou non mes chevreuils ou si l’été sec que nous venons d’avoir a complètement ruiné la dernière repousse de trèfle ou de luzerne après la dernière coupe d’août. Je peux donc rayer ces éléments sur ma liste de facteurs influençant les déplacements des chevreuils.
La distance:
La distance proprement dite entre la zone de repos d’un buck mature et sa source alimentaire ou encore des clans de femelles peut avoir une grande influence sur ses mouvements et l’heure qu’il se présentera à votre affût. Si vous avez la chance d’avoir un dortoir d’un ou quelques bucks sur votre territoire de chasse, il est juste de choisir une stratégie de chasse à l’affût à proximité des lieux de repos pour couper le passage de ce dernier à son retour après s’être alimenté toute la nuit. Plus sa source alimentaire sera loin, plus il devrait rentrer tard dans le secteur de protection. L’inverse se produit en soirée, il pourrait s’aventurer plus tôt en fin de journée si la distance à parcourir est considérable. Dans ce sens, si vous chassez principalement en fin de journée, il pourrait s’avérer justifié de monter la garde plus tôt que la dernière demi-heure de clarté. Certaines études font état d’une vitesse de déplacement d’environ un kilomètre par heure sous couvert et sans pression de chasse. J’ai un ami qui chasse dans la région de Rimouski et «ses» chevreuils parcourent environ 2 kilomètres soir et matin pour avoir accès à un champ de luzerne de première qualité. Si ce dernier s’installe sur sa passe juste une heure avant le coucher du soleil, tous les chevreuils sont déjà passés. Dans son cas, la grande distance stimule les chevreuils à bouger plus tôt.
Si vous avez la chance de pouvoir chasser en périphérie d’un dortoir de buck sur votre territoire de chasse vous pourrez peut-être le prendre par surprise à la sortie de sa cachette en fin de journée.
Pression barométrique:
La pression barométrique influence considérablement les mouvements chez la plupart des ruminants incluant le chevreuil. Selon la plupart des études et les observations personnelles de plusieurs chasseurs, une pression barométrique stable est moins favorable au déplacement du chevreuil qu’une pression à la hausse suite à une tempête ou une pression à la baisse, présage d’une tempête. Peu importe la raison, soit l’empressement à se gaver avant le mauvais temps ou l’inverse, l’urgence de retourner se nourrir convenablement après 24 à 48 heures de presque jeûne dû à la tempête, dans les deux cas, un changement rapide de pression barométrique est un bon indicateur de l’urgence de retourner en forêt pour prendre avantage de l’accroissement du sommet d’activité de tous les chevreuils.
Phase lunaire:
La phase lunaire a définitivement une grande influence sur les mouvements journaliers du chevreuil tous âges confondus. Des dizaines d’études et des livres furent consacrés à ce sujet. À mon humble avis, beaucoup trop d’emphase y est portée et on peut très bien résumer la situation en quelques paragraphes si on s’en tient à l’essentiel. Durant les quatre ou cinq jours de la pleine lune, il y a une diminution importante des mouvements durant les premières heures du matin et les dernières heures du soir. En contrepartie, il y a une légère augmentation des mouvements en mi-journée par les grands mâles et les plus vieux chevreuils en général. Mais, cette augmentation en mi-journée ne suffit pas pour espérer une pleine lune au cœur du rut. En effet, un «peak» du rut qui chevauche une pleine lune, influence toujours négativement les mouvements diurnes du chevreuil en faveur des mouvements nocturnes.
Généralement, certains autres facteurs peuvent diminuer considérablement l’effet de la lune sur le chevreuil comme les conditions climatiques du moment et la disponibilité alimentaire. Effectivement, une journée plus froide que la moyenne saisonnière et complètement ennuagée inhibe presque complètement l’effet lunaire. Une saison automnale aux ressources alimentaires déficientes aura tendance à amenuiser le facteur lunaire sur les déplacements du chevreuil. Le «peak» du rut dans des populations au rapport des sexes bien équilibré sera moins influencé par la pleine lune que des populations de chevreuils fortement constituées de femelles comme celle où la loi du mâle prévaut.
LES FACTEURS CLIMATIQUES
La température:
Lorsque le chevreuil a complètement fini de revêtir son pelage automnal, il devient extrêmement fragile face aux hausses de température. Un mercure d’environ 5 degrés au-dessus des normales saisonnières suffit à le pousser sous un couvert de conifères denses dans une swamp ou à flanc de coteaux. Ses déplacements deviennent calculés et minimums de jour et même de nuit. La bonne nouvelle: vérifiez les changements climatiques attentivement car au moindre retour de températures plus fraîches, il y aura un accroissement important des mouvements. Tôt en saison, la chaleur ralentit considérablement le mouvement diurne des mâles matures. Plus tard en novembre, cette chaleur agit négativement aussi mais avec moins d’importance puisque les poussées hormonales de l’approche du rut aideront à stimuler notre gibier national.
À l’opposé, une journée beaucoup plus froide que la moyenne saisonnière pourrait avoir le même effet inhibiteur que la chaleur. Un froid sibérien, même au cœur du rut, aura raison de la plupart des bucks les plus excités. Durant ces froides journées, rien ne sert de courir à votre cache très tôt en matinée car l’activité débute souvent après les premières heures d’ensoleillement seulement. Par température extrême, approchez-vous des couverts de résineux exposés au soleil et à l’abri du vent. Si une source de nourriture s’y trouve en plus, vous aurez encore plus de chance de voir les chevreuils se réchauffer.
Le vent:
D’entrée de jeu, disons que je préfère et de loin chasser durant une journée au vent léger à moyen qu’une journée sans vent. Une journée sans vent ne me laisse aucune marge de manœuvre quant au bruit à dissimuler lors de mes déplacements ou encore lorsque je dois étirer mon arc avec un chevreuil à moins de 20 mètres de moi. De plus, le vent propage de manière efficace les odeurs des possibles femelles en chaleur avoisinant mon secteur qui par le fait même attirera possiblement des bucks de beaucoup plus loin. Par contre, par vent moyen à fort, le contrôle des odeurs peut vite devenir un problème en soi. Un vent plus fort que la moyenne du secteur où vous chassez a tendance à réduire les mouvements du chevreuil. Je présume qu’il rend difficile pour le chevreuil l’identification des bruits et la provenance des odeurs. J’ai remarqué que par fort vent, les chevreuils vont souvent descendre en bordure des swamps et marécages et dans des jeunes plantations de conifères serrés. D’ailleurs, des jeunes forêts de conifères réduisent la force du vent de plus de 50% et les plus denses peuvent même réduire la vélocité du vent de 80%. Le chevreuil l’a compris depuis belle lurette. Par grand vent incessant, si mon territoire le permet, je m’empresse de visiter ce type de secteur et je concentre ma vision sur le repérage de chevreuils couchés sous les jeunes conifères.
Par grands vents, les chevreuils vont souvent se réfugier dans les jeunes forêts de conifères et ce sera un bon moment pour tenter de surprendre un mâle au repos dans ce type d’environnement.
Par contre, je dois ouvrir une parenthèse pour vous dire que j’ai fait récolter quatre des cinq plus gros chevreuils de ma carrière durant des journées venteuses à l’extrême. Je crois que durant ce type de journée, particulièrement vers la fin du rut, les gros mâles dominants ne peuvent utiliser convenablement leur nez pour repérer les femelles possiblement en chaleur et ainsi ils doivent absolument se déplacer pour assouvir leur instinct. Un dense couvert forestier, protégé du vent et connu pour renfermer beaucoup de femelles, pourrait très bien faire partie de l’agenda d’un vieux buck par grand vent. Pour ceux qui chassent en bordure de milieux ouverts comme les grands bûchers et les grandes cultures, par vent léger à moyen, préconisez la bordure forestière exposée au vent car les mâles l’utilisent pour se déplacer et du coup se servent du vent pour repérer les possibles femelles en chaleur ou les prédateurs. Par vent moyen à fort, l’inverse prévaut car les chevreuils chercheront à se protéger du vent en préconisant le côté moins exposé. Je dois ajouter que si le mauvais temps perdure sur une période excédant les 24 heures, le chevreuil peut recommencer à bouger de nouveau pour s’alimenter, il choisira les endroits les plus rapprochés.
Degré d’ennuagement:
Les journées couvertes stimulent le chevreuil à s’exposer plus en milieu ouvert. Plusieurs raisons peuvent être évoquées. En novembre, durant les journées fortement ensoleillées, les chevreuils ayant leur manteau hivernal peuvent souffrir de surchauffe. De plus, par journée de grand soleil, leur acuité visuelle souffre considérablement rendant les risques de prédation plus élevés. Finalement, ces mêmes conditions facilitent le repérage de chevreuils par les prédateurs potentiels. Il est beaucoup plus facile pour le chasseur d’apercevoir un chevreuil dans des conditions très lumineuses que sous le couvert nuageux où tous les tons de couleurs semblent se marier habilement pour dissimuler les mouvements de celui-ci. Pensez-vous que le chevreuil ne l’a pas compris? Par temps ensoleillé, j’essaie d’avoir le soleil dans le dos si le vent me le permet et je chasse des forêts plus basses donc plus jeunes où le jeu des ombres créera moins de fort contraste entre les ombres et la lumière. Au moindre soupçon, le chevreuil en forêt mature se réfugie principalement dans les zones d’ombre pour augmenter son acuité visuelle et tirer avantage de la faible précision de la vue d’un prédateur se déplaçant entre les zones ombrageuses et lumineuses.
Précipitations:
Commençons par parler de pluie. Les faibles précipitations de pluie ou de bruine augmentent considérablement les mouvements du chevreuil et facilitent du même coup nos propres déplacements. Ce sont des journées parfaites pour faire de la chasse fine. Les chevreuils restent plus longtemps en milieu ouvert et s’attardent aussi beaucoup plus longtemps hors de leur zone de protection dite «de couchage». Le tout semble diminuer si la pluie s’éternise ou augmente en intensité. En effet, une pluie moyenne à forte ralentit passablement les mouvements en milieu ouvert. Par contre, la pluie parfois forte favorise les chasseurs les plus téméraires. En effet, ce type de condition climatique repousse les chevreuils dans des habitats faciles à prédire comme les sapinières denses ou les jeunes plantations de conifères. À certaines occasions, la concentration de chevreuils peut devenir surprenante dans certains habitats suite à des pluies abondantes. Leur odorat devient à toute fin pratique inefficace et la forêt gorgée d’eau permet un déplacement optimal.
Quoique des conditions similaires n’augmentent pas la quantité de buck sur le terrain, dans les secteurs où une gestion de type QDM ( Quality Deer Management) est en place depuis plusieurs années, d’après mon expérience, un chasseur ne peut demander mieux pour tenter de récolter un buck mature à la chasse fine. C’est aussi après de bonnes pluies que je préconiserai l’affût directement sur une ligne de grattage. En effet, comme la pluie aura effacé le message habituellement contenu sur la branche surplombant le grattage, les mâles adultes ont tendance à retourner rapidement rafraîchir leurs grattages et y déposer un nouveau message aussitôt après l’arrêt des précipitations. Plus encore, après une grosse journée de pluie abondante et prolongée, la forêt grouille d’activités et le chasseur à l’horaire flexible devrait laisser tomber ses outils ou son crayon à la faveur de son attrait pour la chasse.
Après une bonne pluie il pourrait être payant de surveiller une ligne de grattages car le ou les mâles qui ont créé cette ligne pourraient bien repasser pour y redéposer leurs odeurs.
La neige joue le même rôle que la pluie, elle stimule le mouvement de manière souvent spectaculaire particulièrement si l’accumulation n’est pas trop importante. Si toutefois, les accumulations deviennent considérables sur une courte période de temps, le chevreuil a tendance à se blottir sous couvert et laisser passer la tempête. À l’occasion, les mouvements peuvent recommencer après une journée ou deux seulement selon l’intensité de la tempête et l’épaisseur de recouvrement. Dans ce cas, prévoyez rapidement le déclenchement de migration vers les ravages hivernaux traditionnels. Certains chasseurs chanceux ont leur territoire de chasse situé sur des routes de migration menant vers ces ravages. Ces derniers n’espèrent que l’arrivée de fortes accumulations pour regarder défiler la parade. Pour ceux qui ont la chance de bénéficier de grand terrain de chasse comme dans les zecs ou sur les terres de la couronne, quand le sol se recouvre de neige, c’est enfin le temps d’enjamber votre VTT pour couvrir le plus de terrain possible pour ainsi trouver où sont rendus vos chevreuils. Pour les chasseurs plus restreints en terme de surface de terrain, l’arrivée de la neige souvent leur expose la dure réalité soit la disparition des chevreuils de leur territoire dû à une pression de chasse trop élevée. Pour moi, l’arrivée d’une neige fraîche me pousse automatiquement à arpenter mon territoire pour découvrir l’activité la plus récente et me poser la question suivante. Pourquoi ces chevreuils sont-ils passés par là et où vont-ils? Après avoir répondu à cette question, je peux tenter rapidement de couper le passage de ces derniers avant leur arrivée à la prochaine destination. Les chevreuils forestiers ont un très grand territoire, ne pas bénéficier d’une neige fraîche pour faire du repérage peut me faire perdre des heures de chasse productive. Je reste rarement immobile les premières heures de chasse après une nuit neigeuse.
À l’instar de la pluie, la neige stimule le mouvement des chevreuils et particulièrement si l’accumulation n’est pas trop importante.
Certaines combinaisons d’éléments stimulent davantage les mouvements du chevreuil. Tôt en saison, une journée plus froide que la moyenne, avec un vent léger et un ciel plutôt ombrageux poussent le chevreuil à commencer plus hâtivement son cycle d’alimentation de fin de journée. Durant la saison du rut, si c’est froid et mouilleux sans pluie abondante, les femelles seront plus assidues sur les sites de nourriture. Personnellement, de par mon métier, je chasse presque tous les jours que la saison me le permet. Par contre, si j’étais un chasseur normal et que j’avais un horaire flexible, je serais particulièrement attentif aux changements brusques de température (pression barométrique), au lendemain de précipitations sur les lignes de grattages et aux températures plus extrêmes qui ralentissent les mouvements mais en contrepartie ont tendance à concentrer les chevreuils dans des habitats particuliers et rendent leur approche beaucoup plus facile. Si je chassais sur une longue période, je profiterais des journées beaucoup plus chaudes que la moyenne, particulièrement si elle coïncide avec la pleine lune pour prendre du recul et me reposer un peu.
Magnifique mâle de l’ouest canadien récolté lors d’une journée où l’activité des bêtes était à son apogée. Pour le chasseur tirer profit de ces périodes de grande activité représente une des clés pour récolter régulièrement de beaux mâles.
Une chose est certaine, comme les mouvements du chevreuil varient passablement aux grés des stimuli extérieurs et qu’il semble y avoir une utilisation de l’habitat en fonction de ces variances externes, je m’assure toujours de chasser des territoires de chasse aux habitats très variés et le plus dense possible pour ainsi suivre le chevreuil. De plus, je n’entre rarement dans le bois sans ma petite chaise pliante pour être prêt à toutes les éventualités. Ne restez pas assis dans votre mirador à attendre des chevreuils qui ne viendront pas. Découvrez où ils peuvent manger et se cacher par mauvais temps et allez à leur rencontre ou restez chez-vous bien au chaud et gardez vos énergies pour les jours meilleurs.
Résumé des principaux facteurs influençant les déplacements des chevreuils au cours de l’automne.

