CHRONIQUE

100% TAXIDERMIE

Par Denis D’Amours

Je suis toujours étonné et stupéfait de constater qu’il y a encore des chasseurs et chasseuses qui après avoir si minutieusement et soigneusement préparé leur périple ou aventure de chasse soient aussi négligents sur les soins à prodiguer au résultat positif de leur séjour. L’idée d’écrire, encore et encore, sur ce sujet provient de ma conjointe suite à la discussion téléphonique avec un chasseur en quasi état de panique au retour de sa sortie de la forêt.

Celui-ci, alors que mère nature lui a offert un magnifique et tout premier orignal dans l’est du Québec, se retrouve sur l’autoroute en réfléchissant à de multiples questions sur la suite des événements pour son orignal en entier qui heureusement ce jour là refroidit lentement mais surement dans la remorque en mouvement. Aucune préparation d’après chasse au cas où la chance serait de son coté.

Pas de réservation ou d’avis au préalable avec une boucherie spécialisée en gibier et de plus désirant confier la naturalisation de son trophée à un taxidermiste qui lui aussi aurait  dû être minutieusement choisi et avisé  au préalable au cas où … .!!.

Bien malheureuse situation en plein cœur du samedi soir sur l’autoroute  # 20 avec un doux 18 degrés comme température extérieure.

Au frais c’est urgent…

Le meilleur conseil que j’ai pu lui donner était de trouver une chambre froide pour suspendre la bête pour la continuité essentielle de son refroidissement. Mais encore! De plus en plus de boucheries spécialisées, et ce pour des raisons hygiéniques, n’acceptent plus la carcasse de l’animal sans que la peau en soit retirée et que la tête soit prélevée.  Bref! Carcasse acceptée en quartier seulement et d’ailleurs pas étonnant que de plus en plus de chasseurs se déplacent avec leur petite chambre froide ou congélateur mobile.

En cette période de l’année où la chasse au gros gibier est à son pic de récolte  il est primordiale de bien préparer son après-chasse afin d’éviter de fâcheuses situations telles que la perte de la précieuse venaison et la peau de son trophée.

Souvent les chasses se font en groupe et c’est à vous de vous assurer, lors de vos discussions de préparatifs d’avant chasse, que vous avez déjà déterminé un emplacement où la température sera adéquate et dont vous aurez accès et ce peu importe l’heure (après entente)  ou la journée de la semaine. En effet en une seule nuit votre viande ou tête trophée pourrait être biologiquement avariée et donc inutilisable pour la consommation ou pour des fins de taxidermie.

Autre point, si vous ou vos compagnons de chasse avez l’habilité et les connaissances nécessaires pour prélever la peau de l’animal rapidement ce serait la solution idéale. Ou encore, déterminez une personne, guides ou trappeurs, ayant les aptitudes pour prélever une belle cape longue et sans mauvaises coupures (voir photos 1 et 2 à droite) et surtout ne pas oublier de bien refroidir celle-ci avant de la congeler ce qui vous donnera plus de temps pour le choix et entente avec votre taxidermiste.

Le meilleur conseil que j’ai pu lui donner était de trouver une chambre froide pour suspendre la bête pour la continuité essentielle de son refroidissement. Mais encore! De plus en plus de boucheries spécialisées, et ce pour des raisons hygiéniques, n’acceptent plus la carcasse de l’animal sans que la peau en soit retirée et que la tête soit prélevée.  Bref! Carcasse acceptée en quartier seulement et d’ailleurs pas étonnant que de plus en plus de chasseurs se déplacent avec leur petite chambre froide ou congélateur mobile.

En cette période de l’année où la chasse au gros gibier est à son pic de récolte  il est primordiale de bien préparer son après-chasse afin d’éviter de fâcheuses situations telles que la perte de la précieuse venaison et la peau de son trophée.

Souvent les chasses se font en groupe et c’est à vous de vous assurer, lors de vos discussions de préparatifs d’avant chasse, que vous avez déjà déterminé un emplacement où la température sera adéquate et dont vous aurez accès et ce peu importe l’heure (après entente)  ou la journée de la semaine. En effet en une seule nuit votre viande ou tête trophée pourrait être biologiquement avariée et donc inutilisable pour la consommation ou pour des fins de taxidermie.

Autre point, si vous ou vos compagnons de chasse avez l’habilité et les connaissances nécessaires pour prélever la peau de l’animal rapidement ce serait la solution idéale. Ou encore, déterminez une personne, guides ou trappeurs, ayant les aptitudes pour prélever une belle cape longue et sans mauvaises coupures (voir photos 1 et 2 ci-dessous) et surtout ne pas oublier de bien refroidir celle-ci avant de la congeler ce qui vous donnera plus de temps pour le choix et entente avec votre taxidermiste.

Il est important que la personne en charge de prélever la peau offre une belle «cape» longue et sans mauvaises coupures au taxidermiste.

Soyez avisé aussi que,  même une excellente boucherie peut ruiner votre trophée. Ce sont des bouchers et non des apprentis taxidermistes. Certains sont d’une habilité sans reproches et ont un doigté exemplaire, mais d’autres font un travail très médiocre et pire certains, (sans aucune  mauvaise  intention), ruineront complètement votre peau «cape» (voir photo 3 ci-dessous) par des gestes d’insouciances, d’indifférences  ou de mauvaises connaissances.   

Une «cape» mal préparée sera inutilisable par le taxidermiste.

À vérifier…

-Peau «cape» inexactement découpée ou prélevée trop courte (voir photo 4 ci-dessous);

Peau trop courte pour le moule.

-Nombreuses coupures et réparations (photo 5 ci-dessous);

Réparations à faire par le taxidermiste.

-Négligence. Mauvais refroidissement en amas, ou mal pliée;

-Peau «cape» et tête laissées avec assez d’espace pour bien respirer. Jamais entassées dans un racoin du frigidaire, ce qui va accélérer la prolifération des bactéries qui feront chauffer celle-ci par endroits (voir photos 6-7-8 ci-dessous).

Peaux ayant chauffées. Remarquez la perte de poils.

Après plus de 50 ans de taxidermie, j’ai vécu beaucoup de déceptions de la part de chasseurs. Lors des rencontres où chasseurs et chasseuses se présentent à l’atelier en  examinant  le sujet ou bien : c’est un travail impeccable digne d’une compétition ou à l’inverse de beaux spécimens complètement avariés et ruinés pour des fins de taxidermie.

Ces derniers jours j’ai eu de nouveau un des pires exemples. Le type reçoit un avis  sévère et ferme de sa conjointe lui répétant pour la Xième fois qu’une mauvaise odeur émergeait de son garage et le conjoint répond à sa conjointe : «Ah oui! Il serait grand temps que j’aille porter ma tête d’orignal chez le  taxidermiste». Vous savez que le meilleur des taxidermistes n’a pas à accepter une peau en début de putréfaction et aux odeurs nauséabondes, car il est déjà trop tard. Et sachez aussi que même avant la moindre odeur perceptible une peau «cape» se gâche très rapidement et encore plus vite que sa chair. La saleté, le sang, les sécrétions nasales, les liquides salivaires et lubrifiants des yeux, sont attaqués très rapidement par la prolifération de bactéries qui feront chauffer la peau et cela même à des températures froides. Le frigidaire de boucherie c’est bien et même très bien dans l’immédiat. Mais juste pour quelques jours pour les trophées. Le murissement de la chair est une autre histoire.

Le meilleur conseil que je puisse vous proposer, ne laissez pas trainer une peau «cape» destinée à la taxidermie dans un garage, remise et pas plus à la boucherie à moins de tout congeler rapidement et soigneusement dans deux ou trois sacs de plastiques ce qui vous donnera tout le temps nécessaire pour bien choisir votre taxidermiste.

Et là! Je répète encore et encore que la réussite d’une belle pièce débute sur le «champ de bataille» et que le taxidermiste n’a aucun contrôle sur cette étape. Ce sera à vous de collaborer à cette réussite et de bien choisir la personne qui aura le talent de redonner à votre trophée un «deuxième souffle» pour le respect, la dignité et la noblesse de votre précieuse capture.

En conclusion, la chasse est un grand privilège dont nous jouissons abondamment en sol québécois. Alors soyez très respectueux de cette belle et généreuse nature et de ces si admirables et grands cervidés qui vous ont donné leur vie. 

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